20.04.2007
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directeur de la publication : fabien hecquet - rédacteur en chef : sébastien colombel - rédacteurs : hugues cailleux, sébastien colombel - photos : jeunes udf de la somme - maquette : fabien hecquet - numéro spécial campagne présidentielle - avril 2007 - site internet : www.jeunesudf80.org
18:20 Publié dans Projections - Hors série - Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Charles de Courson : du danger d’acheter sa baguette à crédit
La dette. Une question de spécialistes, de théoriciens, bien loin de nos préoccupations quotidiennes, le chômage, le pouvoir d’achat… Vous ne croyez pas ?
Pourtant, la dette nous concerne tous. Après tout, c’est près de 2000€ (l’équivalent de plus d’un mois de salaire de la majorité d’entre nous) que chacun consacre au remboursement de la dette chaque année, sous forme d’impôts.
Pour mieux comprendre, prenons un schéma simple. L’Etat, comme tout agent économique (entreprises, ménages), engrange des recettes (impôts, taxes, …) et effectue des dépenses (financement de ses engagements). Quand les dépenses sont supérieures aux recettes, l’agent doit emprunter de l’argent pour financer cet excédent de dépenses. Il devra rembourser son prêt ainsi que les intérêts. Si chaque année, l’agent présente un budget en déficit, sa dette augmente, et donc la charge de la dette également. Passé un certain seuil, toute entreprise dans cette situation déposera son bilan, tout ménage sera déclaré surendetté. Pour l’Etat, pas de sanction. On le laisse vivre au dessus de ses moyens. Il serait indécent en effet, pour une histoire de gros sous, d’empêcher l’Etat de construire des écoles, des hôpitaux, de se préoccuper de la santé des citoyens. Les conséquences sont pourtant lourdes.
La dette a des implications sociales. Imaginez plutôt : chaque année, le remboursement de la dette de l’Etat (remboursement du capital + intérêts) s’élève à 115 milliards d’€ (75 + 40), soit l’équivalent de ce que collecte l’Etat au titre de l’Impôt sur le Revenu et de l’Impôt sur les Sociétés ! Une gestion plus rigoureuse du budget de l’Etat libérerait des sommes colossales pour l’action publique, pour soutenir la croissance.
Plus on ignore cette question, plus on considère que l’Etat a d’autres chats à fouetter, plus ce poids pèse sur les générations futures. Nos enfants, nos petits enfants.
En 1981, la France était un modèle de rigueur budgétaire : le budget était à l’équilibre, la dette s’élevait à 20% du PIB. En 25 ans, nous sommes arrivés à une situation incongrue : nous sommes un des pays dans lequel le taux de prélèvements est le plus élevé, et pourtant l’Etat doit emprunter pour financer ses dépenses quotidiennes. Aujourd’hui, notre pays doit 1200 Milliards à ses créanciers.
Il est indispensable que l’Etat, au même titre qu’un ménage ou une entreprise, veille à l’équilibre de ses finances. S’endetter pour investir n’est pas dangereux, car le retour sur investissement est censé couvrir largement les dépenses liées à l’endettement. S’endetter pour financer ses dépenses quotidiennes est redoutable, et fait peser le poids sur les générations qui arrivent.
Nous avons été reçus, mardi 27 mars, dans son bureau de l’Assemblée Nationale, par Charles de Courson, le spécialiste des questions de finances publiques pour la campagne de François Bayrou. Morceaux choisis.
« La première étape, si l’on veut réduire la dette de l’Etat, c’est de supprimer le déficit, de le ramener à 0. Si on maintient les prélèvements à leur niveau actuel, et avec des perspectives de croissance et d’inflation raisonnables (respectivement 2% et 1,8%), l’Etat peut dégager 14 milliards d’euros supplémentaires par an. En consacrant la moitié de cet excédent au remboursement du déficit, on peut le ramener (21 milliards d’€ cette année) à 0 en 3 ans (3*7 = 21). Cela demande un effort, un effort indispensable si nous voulons nous dégager de ce poids que représente la dette ».
« Une fois le déficit ramené à 0, la deuxième étape, est d’exiger de l’Etat que toute dépense nouvelle soit financée par une économie. N’exigeons pas de nos enfants qu’ils paient nos dépenses de fonctionnement (A contrario, l’Etat peut s’endetter pour financer des dépenses d’investissement, il est légitime que nos enfants participent à la construction d’un nouvel hôpital, par exemple). Aujourd’hui, la cour des comptes n’a pas les moyens de sanctionner l’Etat. C’est pourquoi il faut inscrire dans la Constitution l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement. Le Conseil Constitutionnel aura alors les moyens de demander au gouvernement de retravailler son budget si les dépenses excédent les recettes. »
Cette question de la dette doit nous faire prendre conscience que l’heure n’est pas aux promesses électorales démesurées avancées par certains candidats, mais à des engagements solides, qui prennent en compte l’impérieuse nécessité de reprendre le contrôle sur l’équilibre budgétaire.
17:45 Publié dans Projections - Hors série - Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dette, bayrou, courson
Benoît Mercuzot : pour une République nouvelle
La question des institutions fait partie des problématiques importantes de cette campagne présidentielle. François Bayrou propose de nombreux changements. Certains font l’unanimité d’autres suscitent des interrogations
Rencontre avec Benoît Mercuzot, Doyen de la faculté de droit d’Amiens, Professeur de Droit constitutionnel à l’Université de Picardie Jules Verne, Maire UDF de Dury pour un regard éclairé et critique.
1. A chaque élection présidentielle, la question des 500 parrainages d’élus que doivent obtenir les candidats à l’élection présidentielle revient sur la scène médiatique. Ce système n’est-il pas à changer ?
Ce que je regrette, c’est la difficulté que l’on a à faire passer le message que parrainer un candidat, ne signifie pas le soutenir.
Lors de l’élection présidentielle de 2002, j’ai été sollicité par le parti des Verts. J’ai donc donné mon parrainage à Noël Mamère, alors que je ne partage pas les valeurs politiques qu’il défend. J’ai donc dû ensuite expliquer que parrainer un candidat était une démarche purement démocratique et pas de soutien.
Si la démarche de François Bayrou, qui est d’aller au-delà des clivages partisans, est acceptée par les Français, il faut faire le pari qu’ils admettront qu’une signature n’est pas un soutien.
A ce titre, je trouve la démarche de l’ancien Ministre de la Culture, Jean-Jacques Alliagon, intéressante. Il a procédé à un tirage au sort pour déterminer à quel candidat il apporterait son parrainage.
Il est possible d’envisager que chaque élu procède de cette manière. Ainsi il n’y aurait plus de doute sur la nature du parrainage.
En revanche, je pense qu’il faut continuer de publier les noms des élus qui ont offert leur parrainage. Ne pas le faire accréditerait l’idée que le parrainage est honteux. C’est pourtant une procédure démocratique !
2. François Bayrou se dit « le défenseur des 36000 communes de France ». Ne faudrait-il pas plutôt en réduire le nombre ?
Je suis d’accord avec lui. Nos communes sont une richesse et non un problème, car un grand nombre de compétences ont besoin d’être exercées au plus près des citoyens. A cela s’ajoute un sentiment d’appartenance à sa commune, mais aussi la sensation que c’est une entité palpable, car à taille humaine.
La condition pour que le système communal fonctionne vraiment, c’est de poursuivre la mise en œuvre de l’intercommunalité qui permet aux petites communes de faire face aux nouvelles compétences données par la loi. Si l’intercommunalité fonctionne bien, c'est-à-dire notamment que la commune la plus importante n’absorbe pas les plus petites, le nombre des communes reste un atout pour la démocratie .
3. Comme Gilles de Robien, François Bayrou propose de rapprocher les conseils généraux et les conseils régionaux en une seule collectivité territoriale. Cette question revient fréquemment dans le débat politique, mais discrètement…
Il y a en effet quelque chose à revoir sur la répartition des compétences entre département et région. Actuellement, les départements sont également divisés en « pays », ce ne sont pas des collectivités territoriales, mais ils servent à coordonner l’action sur le territoire.
Je pense qu’un découpage en commune, pays, puis région serait intéressant. Cela permettrait une certaine rationalisation.
Mais il faut se méfier de ceux qui disent qu’en la matière, on pourrait faire simple. Ce n’est pas vrai. La décentralisation entraîne nécessairement des financements croisés par exemple.
Il faut donc admettre la complexité de la répartition des compétences et les rationaliser autant que possible.
4. L’UDF propose ensuite de mettre en place un système dans lequel 50% des sièges à l’Assemblée nationale seraient attribués par circonscription, et 50% au scrutin proportionnel sur liste nationale. Cela semble démocratique…
L’idée d’instiller une dose de proportionnelle me semble indispensable. Il est en effet logique qu’un parti comme le Front National, par exemple, qui fait des scores importants à chaque élection, soit présent à l’Assemblée nationale. Sinon, une partie de l’électorat n’est pas représentée.
En revanche, il faut pouvoir garantir une majorité stable pour le gouvernement. Si l’on fait une grande coalition, ce sera le retour en force du régime des partis, car aucune initiative ne sera possible en dehors des partis.
C’est pourquoi je trouve intéressante l’idée de François Bayrou qui est d’estampiller « Majorité présidentielle » des candidats aux élections législatives. Chaque candidat s’engagerait à soutenir le programme présidentiel, et donc le gouvernement, s’il est élu.
Ainsi, il n’y aura pas de problème de majorité, ni de soutien à chercher à droite ou à gauche.
5. Vous semblez sceptique sur l’idée de « Gouvernement d’union nationale »…
Pour moi, ça ne veut rien dire. Quand François Bayrou dit « je suis ni de droite, ni de gauche », je suis totalement en phase avec lui.
En revanche, quand il dit « je prends à droite et à gauche », je ne suis plus d’accord. Nous sommes à l’UDF, et donc cette question ne devrait pas se poser si effectivement nous estimons que ce clivage est dépassé.
Si François Bayrou est aussi haut dans les sondages, c’est peut-être justement parce que les gens rejettent la droite et la gauche. Proposons donc autre chose. Nous avons un programme et c’est ça qu’il faut défendre.
En revanche, je suis entièrement d’accord avec l’idée d’un label « Majorité présidentielle », ou encore pour la constitution d’un grand parti démocrate avec un projet pour la France.
Peu importe la droite ou la gauche, si les Français choisissent François Bayrou, une majorité et une opposition se constitueront automatiquement autour de ce projet.
6. Les Français semblent en effet rejeter la droite et la gauche, mais plus largement la classe politique. Que pensez-vous du vote obligatoire et de la reconnaissance du vote blanc que propose François Bayrou ?
Pour le vote obligatoire, spontanément, j’ai envie de dire que c’est une bonne idée. Mais dans le groupe de travail sur les institutions que j’anime pour le club de réflexion « Société en mouvement », j’ai assisté à des réactions assez virulentes sur ce sujet.
De nombreuses personnes estiment en effet qu’il n’est pas démocratique d’obliger à aller voter. Peut-être faudrait-il alors travailler plus sur la citoyenneté.
On parle beaucoup d’une cérémonie d’accueil pour l’octroi de la nationalité. Et ce type de cérémonie, mis en œuvre dernièrement pour la remise de la carte d’électeur peut être un symbole fort de ce qu’est la citoyenneté.
7. François Bayrou propose également le droit de vote des étrangers aux élections locales. Il semble y avoir un accord assez large des partis politiques sur cette question…
La commune gère le quotidien, il serait donc logique que les étrangers qui y résident de manière stable et régulière puissent voter. C’est aussi une question d’intégration qui se pose ici.
8. Le projet de François Bayrou prévoit également de passer à une République nouvelle, qui pourrait être une « VIème République ». Le Président aurait un rôle plus important sur les questions de politique intérieure puisqu’il « déterminerait et conduirait la politique de la nation »…
C’est déjà un peu le cas ! Même si dans le texte, c’est le rôle du Premier ministre, dans les faits c’est ce que fait le Président. Il s’agirait ici de mettre en conformité les textes et les faits.
Je préfère d’ailleurs un Président qui assume. C’est ce que faisait le Général De Gaulle, il assumait, c’est d’ailleurs pour ça qu’il a démissionné suite à l’échec du référendum de 1969.
9. Il est également prévu d’obliger les députés à se consacrer pleinement à leur fonction en exerçant qu’un mandat à la fois…
Le mandat unique est une bonne idée. Les députés auront ainsi plus d’énergie pour remplir leur rôle de député.
10. Les nominations récentes dans des emplois de haut fonctionnaire ont été beaucoup critiquées. François Bayrou propose que les nominations dans les autorités de contrôle (Conseil constitutionnel, Conseil supérieur de l’audiovisuel…) soient approuvées par le Parlement à la majorité des deux tiers….
Les nominations sont naturellement des nominations politiques. On peut tout essayer, ça ne changera rien. Le seul avantage de la proposition de François Bayrou, c’est que le parti majoritaire devra « laisser des postes » au parti de l’opposition puisque les partis devront s’entendre pour atteindre cette majorité des 2/3.
Prenons l’exemple du Conseil constitutionnel. Les nominations de ses membres sont ouvertement politiques et il ne saurait en être autrement. Paradoxalement, cette politisation affichée a pour effet d’obliger ses membres à faire la preuve de leur indépendance. Je crains au contraire que si l’on tente de dissimuler l’aspect politique de telles nominations, cette neutralité disparaisse. En effet, les membres nommés n’auront plus à démontrer leur indépendance, et ils risquent ainsi de ne plus l’être du tout.
11. Pour finir, François Bayrou propose de supprimer l’article 49 alinéa 3 de la constitution qui permet au gouvernement d’engager sa responsabilité sur un texte et de le considérer adopté si il n’y a pas de motion de censure d’adoptée. Cela semble aller dans le bon sens, c'est-à-dire plus de pouvoir pour le parlement…
Je suis d’accord pour que l’on rende impossible l’utilisation de cet article, lorsque le gouvernement dispose d’une majorité absolue qui le soutient à l’Assemblée nationale. Le gouvernement doit discuter avec sa majorité, et ne devrait pas avoir à passer en force dans une telle configuration.
En revanche, il faut que son utilisation reste possible lorsque la majorité n’est que relative, ou lorsqu’elle est le fruit d’une coalition. Il faut en effet pouvoir débloquer les situations et surtout, éviter l’immobilisme qu’imposerait un Parlement sans majorité.
Propos recueillis par Sébastien Colombel
avec Hugues Cailleux et Fanny Germain-Gobe
15:00 Publié dans Projections - Hors série - Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : institutions, bayrou, mercuzot
Marc Flecher : faire de l'éducation une priorité nationale
Marc Flecher est spécialiste des questions d’éducation à l’UDF Somme, et connaît particulièrement les établissements situés en zone rurale. Rencontre.
1. Quelles sont les problématiques particulières rencontrées par les enseignants dans les établissements situés en zone rurale par rapport à ceux situés dans les villes ?
Fondamentalement peu de différences dans la pratique professionnelle. Il peut apparaître des spécificités territoriales souvent liées au contexte socio-économique. L’acte d’enseigner est complexe et nécessite une grande capacité d’adaptation, d’anticipation et de formation.
Anticipation des attentes des jeunes, compréhension de leur environnement de vie sont des facteurs favorisant l’enseignement, ceci nécessite une adaptation aux évolutions sociétales. Ce qui doit engendrer une approche différente entre les établissements urbains et ruraux.
Enseigner, c’est donner envie de comprendre, de rechercher et d’être acteur des ses apprentissages.
2. Quel est le taux d’élèves ayant des difficultés à lire et à écrire lors de leur entrée en 6ème dans ce type d’établissement ?
15 %. Ce qui est à peu près la moyenne nationale.
3. Gilles de Robien, l’actuel Ministre de l’Education nationale, a mis en place le socle commun de connaissances et de compétences, François Bayrou propose de poursuivre dans cette voie afin que chaque élève sache lire et écrire à son entrée en 6ème. Qu’en pensez-vous ?
C’est une priorité absolue, la nation est comptable de la réussite de ses enfants : Lire (comprendre les textes), écrire, compter, s’exprimer avec exactitude (richesse du vocabulaire) sont indispensables à la réussite.
La mise en place de ce socle commun de connaissances et de compétences doit s’accompagner d’un dispositif d’évaluation pour le rendre efficace, crédible et structurant. Je pense notamment à un examen en fin de CM2.
4. La violence scolaire est également une thématique forte. Certains événements récents nous le rappellent malheureusement. Gilles de Robien a mis en place la note de vie scolaire afin de restaurer l’autorité du professeur. Dans la même optique François Bayrou propose de mettre des éducateurs et des psychologues dans les écoles. Les positions du Ministre de l’Education et celles du candidat UDF à l’élection présidentielle semblent intéressantes. Qu’en pensez-vous ?
La violence scolaire n’est pas une fatalité. Je suis convaincu qu’il est actuellement impossible de parler de violence scolaire d’une manière globale. Chaque établissement est très spécifique, ce problème trouve ses solutions à l’intérieur des établissements. Il faut faire confiance aux équipes de direction, aux professeurs pour mettre en place les dispositifs adaptés. Ces dispositifs sont le résultat, le plus souvent, d’un travail partenarial avec les acteurs sociaux, médicaux , les autorités publiques, les parents.
La résolution de la violence passe très souvent par des mesures simples que sont l’écoute, la compréhension de la souffrance de l’enfant, la résolution des difficultés scolaires par un accompagnement individualisé, des règles de politesse et de savoir-vivre élémentaires.
C’est un respect mutuel et une empathie naturelle. Il faut placer le jeune dans un parcours de réussite.
Cela nécessite sûrement des moyens humains, des compétences qui sont en volume liés aux problématiques des établissements. Il faut donc faire du sur-mesure.
5. La question de la Carte scolaire est également un point de débat important dans l’actuelle campagne électorale. Comme Gilles de Robien, François Bayrou souhaite conserver la carte scolaire en l’assouplissant éventuellement. Le but étant d’assurer la mixité sociale. Quel est votre point de vue ?
Cette question est très délicate car elle nous interpelle sur l’équité, la justice sociale et l’unicité de notre république.
La réponse ne trouvera sa solution que par une politique volontariste et interministérielle. En effet, cela passe par l ‘amélioration du cadre de vie, de la sécurité et de la vie économique des territoires. L’autre réflexion est de supprimer la logique de territoire par une approche d’offre de formations, je pense notamment aux lycées qui seraient typés (lycée des métiers …) en proposant des filières spécifiques qui engendrerait alors une orientation des élèves sur projet.
La suppression de la carte scolaire est actuellement un facteur d’aggravation des inégalités sociales car elle permettra le déplacement des « bons » élèves vers les établissements réputés. L’ensemble des conditions ne sont pas réunies pour permettre cette réforme dont on mesure mal les effets secondaires.
Enfin, je dirai que la qualité du projet pédagogique, la qualité de l’enseignement sont les meilleurs outils pour éviter le contournement de l’établissement.
Propos recueillis par Sébastien Colombel
14:00 Publié dans Projections - Hors série - Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, bayrou, flecher
02.01.2007
Une
directeur de la publication : fabien hecquet - rédacteur en chef : sébastien colombel - rédacteurs : hugues cailleux, sébastien colombel, frédéric desfeuillet, fabien hecquet, fabrice hinschberger, jean-christophe loric - photos : jeunes udf de la somme - maquette : fabien hecquet - numéro 6 - janvier 07 - imprimé sur du papier recyclé site internet : www.jeunesudf80.org
01:35 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : projections, 6, une
Sommaire
Les élections vont se bousculer en 2007... Pour pouvoir faire entendre sa voix, une seule solution efficace : voter !
AGRICULTURE La betterave c’est l’avenir ?
Avec le pôle de compétitivité Agro-ressources, la Picardie s’apprête à faire rimer agriculture et progrès. Tour d’horizon des différents projets, dont celui des biocarburants.
INTERVIEW Stéphane Demilly, ambassadeur des agrocarburants
Député UDF de la Somme , Stéphane Demilly est le Président de la commission parlementaire sur les biocarburants. Interview à son retour du Brésil.
Fort de son expérience au service de l’agriculture, comme syndicaliste ou comme élu, le Sénateur UDF de la Somme aborde les problématiques majeures d’un secteur en pleine mutation.
NATURE Des chasseurs sachant chasser
Un rôle écologique, les chasseurs ? C’est ce que revendique Yves Butel, le Président des Fédérations de Chasseurs de la Somme et de la Picardie. Rencontre.
EUROPE Sandro Gozi, vu de la Commission
Tour d’horizon de l’actualité de l’Union européenne avec un député italien ancien conseiller des Présidents de la Commission européenne
INTERVIEW Sylvie Goulard, Présidente du Mouvement européen
Interview de la toute récente nouvelle Présidente du Mouvement européen, une association qui milite pour la cause européenne
TRIBUNE La vocation de la Turquie
Notre formation politique a l’habitude d’exposer les arguments en défaveur de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Sont-ils tous valables ?
01:25 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : projections, 6, sommaire
Editorial
Ringard, l’agriculture ?
Sans pour autant reprendre la citation poétique du Général De Gaulle, qui aimait à comparer les paysans à des « architectes du paysage de la France », les Jeunes UDF de la Somme ont enquêté sur la question de la ruralité.
Comme pour tout secteur fondamental de notre société, l’agriculture mérite des politiques aussi dynamiques et agressives que celles que l’on met en oeuvre dans l’industrie ou l’énergie. L’énergie, il en est justement question dans ce numéro, à travers l’exemple des biocarburants.
Le pôle de compétitivité Agroressources, que la Picardie partage avec la région Champagne-Ardenne, est la vérification par la preuve de l’importance de la recherche dans le secteur agricole. Il doit aujourd’hui entrer dans une logique de projets, pour trouver les débouchés de la nouvelle ère qui s’ouvre à lui. Et ainsi démontrer que, bien plus de répondre simplement aux besoins humains primaires, il est une véritable source de compétitivité et d’innovation, qui donne sa chance à notre région.
Plusieurs intervenants ont contribué à ce numéro, et j’en profite pour remercier tous ceux grâce à qui il a pu voir le jour. Les rédacteurs tout d’abord, en premier lieu desquels Sébastien Colombel, notre rédacteur en chef, mais également nos invités, qui ont eu la gentillesse de répondre à nos questions, et enfin ceux qui nous ont parfois permis de les approcher, à l’instar de François Decoster ou Laurent Perrette.
Bonne lecture !
Fabien Hecquet
Président des Jeunes UDF de la Somme
01:20 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : projections, 6, éditorial, fabien, hecquet
2007 Je m’inscris, je vote !
Tout le mois de décembre, les Jeunes UDF de la Somme ont incité les jeunes picards à s’inscrire sur les listes électorales. En France, on estime à 3 millions le nombre de citoyens non inscrits sur les listes électorales, dont plus de 23 000 à Amiens.
Au coeur du dispositif, le site Internet www.e-democratie.fr, qui rappellait brièvement comment s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2006, et qui relayait les initiatives d’autres collectifs de la Somme , comme celui de Rachid Sallali, “Aujourd’hui je m’inscris, demain je vote !” Lors de leurs tractages, ou lors de leur café-débat du 9 décembre au café Le Folie’s place du Colvert, les Jeunes UDF de la Somme ont pu ressentir l’émergence d’une réelle conscience politique, même des plus jeunes.
« Ça ne sert à rien de voter »
“Le second tour de l’élection présidentielle de 2002 et la crise de novembre 2005 ont constitué de véritables électrochocs” confiait l’un des membres du collectif “Aujourd’hui je m’inscris, demain je vote”. Mais les jeunes n’en restent pas moins méfiants vis à vis du personnel politique, qu’ils jugent impuissants face aux défis de notre monde. “Notre principale préoccupation est l’emploi, témoignait un jeune du quartier nord d’Amiens. Mais l’emploi, ce ne sont pas les politiques, mais les entreprises !”
Dans une interview qu’il accordait sur notre site Internet, Jean-Yves Bourgois, l’adjoint au maire d’Amiens chargé du secteur rive-droite, lançait un appel à la responsabilisation de chacun : “Ceux qui croient que la politique ne peut rien pour eux se résignent et se trompent ! La honte, c’est de ne rien faire ; la classe, c’est d’essayer des choses difficiles ! Sur le terrain, je vois ce qui marche. Il faut s’en inspirer et croire en l’avenir. Etre citoyen, finalement, c’est contribuer à construire la société que l’on veut”. Le message est clair : aux urnes citoyens ! En 2007, les Jeunes UDF de la Somme seront présents pour apporter à tous les jeunes l'information nécessaire sur le projet de leur parti pour la France. Nous appellons les autres formations politiques à faire de même !
Fabien Hecquet
Le compte-rendu des travaux du café-débat du 9 décembre 2006 est disponibles sur Internet : http://www.e-democratie.fr/cafedebat.pdf
01:10 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : inscriptions, listes, électorales, je m'inscris je vote, jean, yves, bourgois
DOSSIER / Agriculture : la betterave c’est l’avenir ?
S’il y a longtemps que l’on parle d’énergies alternatives, et plus généralement d’un « développement durable », cela fait seulement quelques mois que le thème des carburants alternatifs est réellement amené sur la place publique. Réchauffement de la planète, pollution et épuisement des ressources fossiles obligent, les choses commencent à bouger sérieusement : on a vu, lors du Mondial de l’Automobile de Paris, plusieurs constructeurs présenter des véhicules fonctionnant avec des carburants alternatifs destinés à être produits en série. Le Ministre de l’Economie et des Finances, Thierry Breton, a même demandé à Alain Prost de présider un groupe de travail sur les biocarburants…
Groupe de travail duquel ressortent plusieurs éléments intéressants, notamment une charte, signée par plusieurs constructeurs automobiles et distributeurs de carburants : près de 500 points de distribution du très médiatique E85 (un carburant qui contient 15% d’essence et 85% d’éthanol, produit notamment à partir de céréales) devraient voir le jour dans les stations services d’ici la fin de l’année prochaine. Voilà qui pourrait faire rimer agriculture et progrès ?
« la Picardie n’a pas attendu pour montrer que l’agriculture peut être une véritable source de compétitivité et d’innovation »
L’agriculture a longtemps été considérée comme une activité archaïque, incapable d’innover. Les chiffres témoignant de la diminution constante du nombre d’exploitants ne viendront pas contredire cette idée, tant il est vrai qu’aujourd’hui la guerre des prix dans l’agroalimentaire fait que la France n’est pas la plus compétitive en la matière. Pourtant, la Picardie n’a pas attendu cette médiatisation pour montrer que l’agriculture, bien plus que de répondre simplement aux besoins humains primaires, est une véritable source de compétitivité et d’innovation.
Dossier préparé par Hugues Cailleux
01:05 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pôle, compétitivité, industries, agro, ressources, biocarburants
DOSSIER Le pôle de compétitivité Agro-ressources
Et si une des sources du développement industriel se trouvait dans l’agriculture ? C’est ce que tente de démontrer notre région, en association avec la région Champagne Ardennes, au sein du pôle de compétitivité « Industries et Agro-ressources », dont vous avez certainement entendu parler dans les médias. Regroupant des entreprises, des laboratoires de recherche, des associations, des acteurs publics (Conseil général, Chambre de Commerce et d’Industrie), le pôle répond à une problématique très concrète : à partir des ressources issues de l’agriculture, trouver des produits et des procédés qui respectent l’environnement, pour des applications industrielles, innovantes et compétitives. Il a pour vocation de soutenir et de structurer les projets innovants, et de devenir un acteur de taille mondiale. Ses armes ? Les plantes. Les ressources végétales regorgent de composants très utiles. Et tout cela prend place sur les territoires de la Picardie et de la Champagne-Ardenne .
Et concrètement ?
L’action du pôle de compétitivité est structurée en projets. Par exemple le projet « chanvre » développe, à partir des composants du chanvre, un matériau capable de remplacer les fibres de verre, utilisées dans de nombreux domaines, qui coûtent plus cher, qui sont plus lourdes et moins recyclables. Le projet « Pailles-CIMV », quant à lui, a pour objectif de produire de la pâte à papier à partir de paille. Les exemples sont nombreux ! Mais l’un d’entre eux mérite qu’on s’y attarde plus longuement, tant il est au cœur de l’actualité. C’est le projet « biocarburant. »
01:00 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pôle, compétitivité, industries, agro, ressources, biocarburants
DOSSIER Le projet biocarburant
Le 20e siècle a consacré l’énergie pétrolière, devenue une véritable arme diplomatique, reléguant le charbon, pourtant à la source de la révolution industrielle au 19e siècle, au rayon des antiquités. Cependant, dès le début des années 1970, la question de l’épuisement des ressources pétrolières apparaît dans la bouche des experts, rivalisant d’estimations quant au volume des réserves disponibles.
A cette raréfaction s’ajoutent deux éléments qui rendent la recherche de nouvelles énergies urgentes et indispensables. Le premier est le prix du carburant pour le consommateur, directement corrélé à la diminution des réserves. Le pétrole, l’or noir, grève de manière croissante le budget des ménages. Le baril de pétrole (159 litres) coûte de plus en plus cher, et ce prix se répercute à la pompe (1,40 € le litre pour le SP98). Rappelons toutefois que 70% du prix du litre de carburant est constitué par les taxes (TIPP et TVA). Le second élément est la question de la pollution. Cette inquiétude, relativement récente, a amené les institutions nationales et européennes à imposer des normes aux constructeurs automobiles, les fameuses normes Euro V. Aujourd’hui, les progrès sont tels (filtres à particules, admission variable, composition du carburant) que les véhicules polluent 80 fois moins que dans les années 1970, et la marge de progression du pétrole en matière de propreté est désormais faible.
C’est pourquoi la recherche de nouveaux carburants est nécessaire, urgente et devient de plus en plus intéressante économiquement. Le premier projet de recherche et développement initié par le pôle de compétitivité Picardie Champagne Ardennes se consacre justement aux biocarburants en utilisant une plante répandue dans nos deux régions, la betterave.
Plusieurs pays nous ont d’ailleurs montré la voie. Au Brésil, de nombreux véhicules fonctionnent à l’éthanol (obtenu à partir de la canne à sucre). En Suède, il existe des véhicules polycarburants (on les appelle également flexfuel), qui acceptent de fonctionner avec plusieurs carburants, fossiles ou non. Plusieurs constructeurs, français et étranger, devraient mettre en circulation des véhicules flexfuel en France en 2007 (6 modèles sont prévus pour 2007).
« la recherche de nouveaux carburants est nécessaire, urgente et devient de plus en plus intéressante économiquement »
Nous aussi, en France, consommons déjà, sans le savoir, du biocarburant, incorporé aux carburants fossiles, certes à faible dose (à peine 1% du carburant consommé en 2005), mais les objectifs sont ambitieux. Le gouvernement s’est fixé comme but d’incorporer 5,75% de biocarburants pour 2008, 7% pour 2010, et 15% pour 2015. La France serait ainsi le pays le plus avancé de l’Union Européenne. L’engouement récent pour l’E85 pourrait bien accélérer cette mutation.
00:55 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pôle, compétitivité, industries, agro, ressources, biocarburants
DOSSIER Les plus et les moins du biocarburant
LES AVANTAGES
Aujourd’hui, produire du biocarburant coûte plus cher que d’importer du pétrole. Mais dans un contexte où le prix du carburant dépasse 70 Dollars le baril, le biocarburant deviendrait compétitif, surtout si on utilise des méthodes de raffinage industrielles.
Les biocarburants réduisent notre dépendance vis-à-vis des pays producteurs de pétrole car la France, et notre région en particulier, disposent de grandes surfaces cultivables. Cela pourrait créer des emplois et favoriserait les retombées économiques locales.
Les biocarburants, et c’est l’un des arguments principaux pour leur développement, sont plus respectueux de l’environnement. Ceux sont des ressources renouvelables, faiblement polluantes (car les plantes rejettent dans l’atmosphère le carbone qu’elles ont absorbé lors de leur croissance), permettant ainsi de participer à l’atteinte des objectifs de Kyoto par la réduction de l’émission de gaz à effet de serre.
LES LIMITES
Les biocarburants ne peuvent être que des carburants complémentaires. En effet, l’intégralité des surfaces cultivables de la planète ne suffirait pas à produire suffisamment de carburant pour répondre à la demande. Cela ne veut cependant pas dire que ce n’est pas intéressant, et des solutions complémentaires existent (biocarburants solides, gazeux, utilisation des déchets, électricité, …).
Il faut faire face aux lobbys et aux industries pétrolières qui pourraient voir d’un mauvais œil la réduction de notre dépendance énergétique. A noter toutefois que plusieurs groupes pétroliers s’investissent dans la recherche et la distribution de biocarburants.
Qui dit réduction de la dépendance énergétique dit réduction de la TIPP , une source de revenu non négligeable pour l’Etat. En effet, les biocarburants sont partiellement exonérés de cet impôt, car leurs externalités négatives (les gaz à effet de serre notamment) sont bien moindres que pour les carburants fossiles.
Finalement, et c’est un point essentiel, Il faut prendre en compte tout ce que pourrait coûter une culture intensive de végétaux dédiés à la fabrication de biocarburants (eau pour irrigation, énergie utilisée lors de la culture et du raffinage, engrais, pesticides…) et leur impact sur l’environnement (appauvrissement et pollution des sols) et sur la population. Sans être faussement alarmiste, et même s’il est indéniable que les biocarburants sont bien moins polluants et nocifs que les carburants fossiles, il est important de connaître l’étendue des externalités et leur coût afin de favoriser un développement réellement durable.
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DOSSIER Un pôle de compétitivité à vocation mondiale
Le pôle de compétitivité « Industries et Agro-ressources » est un acteur majeur pour le développement durable. Il a été retenu le 12 juillet 2005 comme pôle à vocation mondiale. Si les biocarburants sont un pan parmi les plus médiatiques de son travail, le pôle, fruit de 25 ans de travail, a vocation à agir dans différents domaines industriels, afin de répondre aux demandes de la société à partir de ressources renouvelables.
Les biocarburants sont une chance pour notre région. Le pôle de compétitivité « Industries et Agro-ressources » est l’occasion de porter un autre regard sur l’agriculture. C’est l’occasion de mutualiser les efforts des acteurs de la recherche, de la formation, des entreprises et des pouvoirs publics pour participer au développement de solutions industrielles profitables et bénéfiques pour l’Homme. Gageons que cette initiative mûrira rapidement, que les entreprises, les pouvoirs publics sauront saisir cette opportunité, en développant pour les uns des moteurs polycarburants, ou fonctionnant avec des carburants propres (Toyota commercialise depuis plusieurs années des véhicules hybrides essence/électricité, Ford et d’autres constructeurs testent des véhicules fonctionnant à l’éthanol, BMW est sur le point de mettre en circulation un véhicule de série fonctionnant à l’hydrogène), et en donnant, pour les autres, des impulsions politiques efficaces pour favoriser le développement d’une politique énergétique écologique.
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RENCONTRE Marcel Deneux
Des biocarburants aux OGM, de l’aménagement du territoire à l’industrie automobile, Marcel Deneux, sénateur UDF de la Somme, parcourt les thèmes majeurs qui agitent l’agriculture aujourd’hui. Des Jeunes Agriculteurs dont il a été le Président dans les années 60 à son actuel poste de Sénateur, cet agriculteur autodidacte a exercé ses talents dans une trentaine de fonctions, dans le monde syndical (FNSEA), bancaire (Crédit Agricole) ou politique.
Marcel Deneux est également l’auteur d’un rapport parlementaire remarqué sur l’effet de serre intitulé “L’évaluation de l’ampleur des changements climatiques, de leurs causes et de leur impact prévisible sur la géographie de la France à l’horizon 2025-2050 et 2100”. Ce rapport est d’ores et déjà un best seller puisqu’il a été tiré à 18000 exemplaires sur CD Rom et distribué dans les lycées comme outil pédagogique.
Projections : Les biocarburants sont une arme de choix pour lutter contre le réchauffement de la planète par la réduction des gaz à effet de serre. Quelles sont leurs perspectives de développement ?
M.D : On arrive aujourd’hui à la 2ème génération de biocarburants. Le bioéthanol peut-être produit à partir du bois, par exemple dans les zones de montagne, et le biodiesel par le recyclage des graisses animales. Les biocarburants sont principalement incorporés dans les carburants existants, mais le pourcentage reste en 2005 malheureusement faible en France : 1,12% contre 1,75% prévus. Les industriels du pétrole préfèrent aujourd’hui payer la taxe TGAP (dite “pollueur payeur”) plutôt que d’investir dans l’incorporation de biocarburants. Au niveau des producteurs, c’est la taille des usines qui est en cause. Le gouvernement attribue des quotas de biocarburants exonérés de TIPP par vagues de l’ordre de 100 000 tonnes. Or les industriels réclament des quotas de 300 000 tonnes au moins pour dimensionner des usines rentables. Un plan gouvernemental a bien cadré les perspectives pour la France pour ce qui est de l'éthanol et du bio-diesel, les étapes sont prévues, mais maintenant il faut appliquer et surmonter les obstacles restant les uns après les autres.
Quelles sont les conséquences de ces nouvelles orientations pour l’agriculteur d’aujourd’hui, et pour le territoire rural français ?
La vocation des agriculteurs est de produire sur des surfaces toujours plus grandes. Ce sont les impératifs liés aux productions végétales qui dessinent le territoire, pas ceux de l’élevage. Les lobbies du végétal ont toujours été beaucoup plus puissants, mieux structurés. Pour les producteurs de céréales, c’est le marché mondial qui leur dicte leur conduite. Si de nouveaux débouchés plus rentables apparaissent, ils les suivront, ils ont une capacité réelle d’adaptation.
« Il n'est pas dit que la Planète puisse nourrir 2 milliards d'hommes supplémentaires »
A ce sujet, comprenez vous la polémique récurrente sur l’utilisation d’OGM en France ?
Je suis par nature favorable à l’innovation, au progrès de la Science. On n’a jamais pu démontrer d’effet néfaste des OGM sur la santé .. Ce dont les gens ont peur, c’est le risque de dissémination des OGM au moment de la floraison. On a peur également de ne pas pouvoir revenir en arrière, or on maîtrise parfaitement la conservation des souches. Ce qui est regrettable c’est qu’on ne puisse pas faire de recherche ou d’expérimentation dans ce domaine en France : la planète compte aujourd’hui 890 Millions d’hommes et de femmes qui ne mangent pas à leur faim. Avec 1% d’OGM on nourrit le monde entier ! D’ici à 2050 nous serons 2 milliards d’hommes en plus, avec les plus fortes croissances dans le sud-est asiatique. Il n’est pas dit que la Planète puisse nourrir 2 milliards d’hommes sans une utilisation des nouvelles technologies.
On a beaucoup entendu parler du développement du bio, où en est-on ?
Le problème du bio c’est que le marché ne se développe plus aussi vite. Nous pouvons augmenter le volume de bio sans problème si le revenu de ses producteurs existe. C’est d’ailleurs un problème plus général : le pourcentage des dépenses dans l’alimentaire ne cesse de diminuer dans le budget des ménages. Cela pose un problème pour le revenu des agriculteurs : aucune population agricole de l’OCDE n’a un revenu supérieur au revenu moyen des habitants de son pays. Tout vient du consommateur, c’est la demande qui doit guider l’offre, avec cette réserve que l’alimentation des hommes n’est pas une marchandise comme les autres, et que l’économie libérale ne peut pas s’appliquer sans réserve sur ce type de biens.
« Le poids de la voiture moyenne a augmenté de 680 kg en 20 ans. Vous trouvez ça normal ? »
Vous êtes semble-t’il un consommateur responsable : sur 900 parlementaires, vous êtes le seul à rouler en voiture hybride !
Oui, il faut donner l’exemple ! J’avais envoyé un beau dossier sur ce sujet au Courrier Picard il y a un bout de temps, ça n’a pas fait une ligne ! J’en parlais récemment avec Jean-Martin Folz, le PDG de Peugeot : le poids de la voiture moyenne a augmenté de 680 kg en 20 ans. Vous trouvez ça normal ? J’ai demandé à Martin Folz de faire un effort, mais ce sont les consommateurs qui veulent des voitures plus lourdes, et le PDG de Peugeot m’a répondu qu’il avait 170 000 personnes à faire travailler... ! “Je serai sur le marché dès qu’il y aura une demande de véhicules plus propres, a t-il ajouté, je suis capable de les fournir ! Et je le prouve sur d’autres marchés nationaux.”
Ne faut-il pas dans ce cas changer la réglementation pour imposer une limite aux industriels ?
Pour ce faire il faudrait une réglementation mondiale, qui s’appliquerait à tous. Et là on touche du doigt une problématique bien plus vaste, celle d’une gouvernance mondiale. Les organisations mondiales actuelles ne traitent que de domaines bien précis : l’ONU pour la paix, l’OMS pour la santé, etc… Aujourd’hui des institutions comme l’OMC et la Banque mondiale ne se rencontrent pas ! C’est clairement une voie d’avenir ! A nous politiques de faire avancer les choses. Au cours d’un repas avec Jacques Chirac, peu après le sommet de Johannesbourg où il avait prononcé le célèbre discours de “La maison brûle”, je m’étais permis de l’interpeller : “Président, depuis Johannesburg, chez mes amis de la majorité.. ça traîne des pieds.” Il m’a répondu avec un sourire “Marcel, c’est simple, vous n’avez qu’à travailler plus !.” Une chose est sûre, les élections à venir ne pourront faire l’impasse sur l’écologie.
Propos recueillis par Jean-Christophe Loric
SUR LE NET
Le rapport du Sénat sur l'ampleur des changements climatiques, de leurs causes et de leur impact possible sur la géographie de la France à l'horizon 2005, 2050 et 2100 porté par Marcel Deneux est disponible à l’adresse : http://www.senat.fr/rap/r01-224-1/r01-224-1.html
00:30 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marcel, deneux, agriculture, réchauffement, climatique, bio, OGM
INTERVIEW Stéphane Demilly
Dans le cadre de ses travaux, Stéphane Demilly (à gauche) a rencontré Alain Prost (à droite), chargé de piloter le groupe de travail sur le projet Flex Fuel créé par Thierry Breton en juin 2006.
Stéphane Demilly, député-maire UDF d’Albert, préside le groupe d’étude parlementaire sur le biocarburant. Véritable ambassadeur des agrocarburants, Stéphane Demilly est l’homme qui a impulsé le retour en force sur la scène française de l’énergie verte.
Projections : Vous prêtez de nombreuses vertus aux biocarburants. Pouvez vous nous les rappeler ?
S.D : Elles sont d’abord environnementales. Lutter contre le réchauffement climatique, c’est s’attaquer prioritairement aux émissions massives de gaz à effet de serre émises par le secteur du transport (30%). Le biocarburant, et notamment l’éthanol, permet de réduire de 70% les émissions de carbone.
Au-delà de cet intérêt démontré, on peut aussi évoquer l’absence de danger d’une marée noire, ce qui est loin d’être le cas du carburant fossile transporté sur les mers et les océans du monde entier…
Elles sont également sanitaires. En effet, pour assurer une meilleure combustion, les pétroliers ajoutent du benzène dans l’essence ; or les effets cancérigènes de cette matière toxique ont été à plusieurs reprises mis en évidence. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je viens de déposer une proposition de loi à l’Assemblée Nationale pour rendre obligatoire (comme c’est le cas aux Etats-Unis) l’installation de récupérateurs des vapeur d’essence.
Or, en mettant du bioéthanol dans les essences, l’apport de benzène est inutile.
Quand on connaît l’évolution dramatique du nombre de cancers dans notre pays, évolution notamment liée à la détérioration de notre environnement (cf le livre du professeur Belpomme), il est inutile d’en rajouter sciemment…
Elles sont ensuite géostratégiques, dans la mesure où une politique dynamique en faveur des agro carburants, peut accroître notre indépendance vis-à-vis d’une matière appelée à disparaître, vis-à-vis de pays producteurs particulièrement instables, vis-à-vis d’aléas climatiques (rappelez vous Katrina dans le golfe du Mexique) et vis-à-vis de la dure loi de marché qui se traduira structurelementpar une hausse importante du prix du pétrole.
La conjugaison d’une demande qui explose (1% de croissance mondiale en plus tirée notamment par la Chine et l’Inde, c’est 500 000 barils quotidiens en plus à fournir) et d’une offre qui est au mieux stabilisée, c’est inéluctablement une hausse structurellement forte du pétrole qui se prépare…
« Les vertus du biocarburant sont environnementales, sanitaires, géostratégiques et économiques »
Elles sont enfin économiques, car contrairement à l’idée répandue, le biocarburant crée plus d’emplois que le carburant fossile (notamment dans le monde rural) et le carburant vert crée des recettes fiscales pour l’Etat (encore faut il raisonner à moyen terme et pas uniquement avec des lunettes demi lunes rivées sur l’annualité budgétaire). A tout cela , on peut ajouter que la production de biocarburant génère en masse des coproduits notamment pour l’alimentation animale (aujourd’hui importés).
Environnementales, sanitaires, géostratégiques et économiques… je n’ai jamais vu un projet politique porteur d’autant de vertus !
Le Brésil lui s’est lancé dans le biocarburant au début des années 70… et votre groupe d’études à l’Assemblée nationale n’a été créé qu’en 2003… Comment expliquer ce décalage ?
Vous avez raison, le Brésil s’est lancé en 1975 dans un vaste programme d’éthanol baptisé « Proalcool ». Je rentre de Brasilia où je suis allé, avec des membres du pôle de compétitivité, assister à un congrès bilatéral sur ce sujet entre nos deux pays. J’ai été impressionné par la volonté offensive clairement affichée du gouvernement Lula de faire du Brésil le pays mondial de référence pour la production énergétique à partir de la biomasse.
Pour ne citer qu’un exemple, le ministre brésilien de l’agriculture m’a annoncé que son pays envisagait de planter 60 millions d’hectares supplémentaires de canne à sucre sur des terres qui sont actuellement dévolues à des pâturages. Pour bien appréhender cette annonce, 60 millions d’hectares, c’est trois fois la surface agricole de la France !!
« Le retard français est lié à deux facteurs : l’opposition du lobby pétrolier et les réticences de Bercy »
Pour en revenir à votre question, ce retard est lié à deux facteurs. D’une part, l’opposition (puissante et organisée) au bioéthanol du lobby pétrolier qui, dans un contexte de forte dieselistaion du parc automobile, produit de façon excédentaire de l’essence. D’autre part, les réticences du ministère des finances qui traduisent le développement du biocarburant en manque à gagner de TIPP. Or la TIPP , devenue depuis la TIC , est la quatrième ressource budgétaire de l’état. Dans un contexte de disette budgétaire où on vit à crédit à partir du 1er octobre, cela fait réfléchir…
Pour autant, depuis quelques mois, on sent que ça bouge…
Oui, enfin… Les pénalités que nous infligeons aux pétroliers qui ne respectent pas l’incorporation progressive établie selon un calendrier précis (conformément aux directives européennes de Mai 2003), la menace de la création d’une commission d’enquête pour ceux qui ne respectent pas les lois de la République , la prise de conscience du gouvernement se traduisant par de nouveaux agréments, le record du prix du baril de pétrole au mois d’Août dernier et enfin le récent rapport établi par Alain Prost sur le carburant E85… sont autant d’éléments qui ont « boosté » ces derniers temps une politique active en faveur des biocarburants de première génération.
« Dans les semaines qui viennent, des pompes E85 vont être installées partout en France et notamment chez nous, dans les deux régions du pôle de compétitivité »
Alors, quelles sont les prochaines étapes ?
D’abord, il faut rester vigilant… notamment vis-à-vis des pétroliers. J’ai appris qu’il fallait ne pas baisser la garde.
Dans les semaines qui viennent, des pompes E85 vont être installées partout en France et notamment chez nous, dans les deux régions du pôle de compétitivité (Picardie et Champagne Ardennes). Dés lors, il va falloir communiquer auprès du grand public sur l’intérêt du duo E85-véhicule flex-fuel.
Ensuite, il faut activer les travaux concernant les biocarburants de deuxième génération qui permettent de valoriser, sur le plan énergétique, toute la plante. Des études sont en cours par exemple sur le miscanthus qui est une variété de roseau chinois présentant un rendement à l’hectare de biomasse très intéressant… Il n’est pas exclu que demain l’agriculteur cultive des plantes spécifiquement dédiées à la valorisation énergétique. Vous le constatez, il y a encore du grain à moudre…
Propos recueillis par Sébastien Colombel et Fabrice Hinschberger
00:30 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : stéphane, demilly, biocarburants
NATURE Des chasseurs sachant chasser
Conseiller général du canton d’Abbeville Sud, Yves Butel a été député européen de 1999 à 2004. Il reste avant tout le Président des Fédérations de Chasseurs de la Somme et de la Picardie. Rencontre avec celui qui revendique un rôle écologique aux chasseurs.
Projections : On oppose souvent la chasse et l’environnement. En organisant la Fête de la Chasse et de la Nature en août dernier, vous revendiquiez un autre rôle ?
Y.B : Un rôle de gardiens de la nature. Les chasseurs profitent de la nature, en y opérant ce qu’on appelle des « prélèvements. » Mais nous rendons autant à Dame Nature qu’on ne lui prend. Une nature qui ne serait pas entretenue, à laquelle on ne prêterait pas attention, serait vouée à la désertification. Nous n’avons pas le droit de laisser la nature sans soins. C’est peut-être notre différence avec les écologistes purs et durs. Par exemple, un marais qu’on laisse se boiser perd tout son caractère de zone humide.
J’ai la responsabilité de 28000 chasseurs dans la Somme. Je m’efforce de leur faire passer un message de prélèvement raisonnable, et même de développement durable. Quand j’étais au Parlement européen, j’ai parfois eu de grandes discussions avec Daniel Cohn-Bendit. Il me disait que lui, la chasse, il n’en avait « rien à foutre. » La solution, je pense, est plutôt dans le partage de la nature. Tout le monde doit pouvoir en profiter, à sa manière. Pour certains, il s’agit de se promener à pied ou en vélo, pour d’autres de chasser. L’important est de se respecter les uns les autres. Les chasseurs font des efforts dans ce sens. Lors des grandes battues par exemples, nous publions un avis dans la presse. En été, sur la côte picarde, nous ne chassons qu’après 19h, pour laisser le littoral aux vacanciers la journée.
« Nous mettons un point d’honneur à réaliser le nettoyage des sites où nous chassons »
De plus, nous mettons à point d’honneur à réaliser le nettoyage de la Baie de Somme, des forêts, des champs ou des bois où nous chassons, à ramasser nos douilles (que nous pouvons maintenant recycler), ou les déchets de toutes sortes. Nous travaillons parfois directement avec Picardie Nature, car en définitive nous avons les mêmes objectifs. A la différence que nous mobilisons beaucoup plus de monde. Lors d’un week-end de nettoyage, c’est 2000 personnes que nous envoyons sur le terrain. La Fête de la Chasse était l’occasion d’échanger avec le public. Pour prouver que nous étions capables de communiquer sur nos activités, y compris la défense de notre terroir et de nos traditions.
- ZOOM -
Le week-end des 26 et 27 août 2006, la Fête de la Chasse et de la Nature a rassemblé, sur l’esplanade de la Hotoie à Amiens, plus de 120 exposants, peintres, artisans, éleveurs de chiens, vendeurs de matériel cygénétique, paysans, restaurateurs... De nombreuses activités étaient prévues, comme des démonstrations de chiens ou de rapaces, et même un défilé de mode spécial chasse. Plus de 35000 visiteurs ont été accueillis sur les deux jours.
Les chasseurs ont-ils la capacité de fédérer le grand public sur leurs problématiques, à la manière par exemple d’un Nicolas Hulot sur le développement durable ?
Les chasseurs ont bien compris qu’ils devaient être irréprochables. Notamment auprès des autorités. Quand j’appelle le Préfet par exemple, il me reçoit dans les 24 heures. Par notre sérieux, nous parvenons à être écoutés. Si nous avons été crédibles sur l’épisode de la grippe aviaire, c’est parce que nous avons accepté de jouer un rôle de vigies de la nature, en surveillant les oiseaux migrateurs, en en baguant certains, et même en finançant des recherches scientifiques sur le terrain, pour notre part au Sénégal. Cela nous a coûté plusieurs dizaines de milliers d’euros. C’est notre contribution à la protection de la nature. Et nous entendons bien le faire savoir. Reste, ensuite, à savoir qui pourrait être la figure nationale capable de sensibiliser les Français au rôle et aux problématiques de la chasse. Nous cherchons encore…
Des politiques de tous bords s’intéressent quand même aux chasseurs. Pensez-vous que c’est pour leur discours ou pour leur potentiel électoral ?
Aux élections européennes de 1999, la liste des chasseurs était arrivée en tête dans la Somme , avec 27% des voix, devant les socialistes qui atteignaient 16%. Nous sommes un mouvement important dans le département, et je reconnais y avoir largement contribué. On a su défaire un député [en 2002, Vincent Peillon, député socialiste sortant de la 3e circonscription, paie le prix de son alliance avec les Verts au profit de Jérôme Bignon, UMP]. Cependant, à part notre opposition aux Verts, il existe chez les chasseurs des sensibilités très différentes. Notons que nous sommes quand même très largement eurosceptiques. En tout cas de l’Europe actuelle. Je ne comprends pas pourquoi elle s’occupe de notre camembert ou de notre foie gras. Les priorités sont, à mon sens, totalement inversées. C’est pour cela que nous siégions à côté des villiéristes au Parlement européen.
« Par certains aspects, de Villiers est plus extrémiste que le Front National »
Au passage, je tiens à souligner que je me désolidarise totalement des dernières positions de Philippe de Villiers. Il déraille complètement. Par certains aspects, il est plus extrémiste encore que le Front National. Je n’ai pas encore donné ma signature pour l’élection présidentielle. Peut-être Chevènement s’il s’était présenté…
Nous pensions que votre parrainage irait à Frédéric Nihous, le candidat de Chasse, Pêche, Nature et Traditions. Ce n’est pas lui la grande figure nationale qu’attendent les chasseurs ?
J’ai été l’écouter, récemment, lors de son passage dans la Somme. Ce qui m’ennuie, c’est qu’il va tristement faire 1%... Et que de ce fait, on estimera que les chasseurs représentent 1% des Français… Mais, pour répondre à votre question précédente, je crois que la chasse c’est bien, c’est notre passion, c’est notre vie… mais qu’il ne faut pas oublier tout le reste. On ne peut pas, dans les conditions actuelles en tout cas, se contenter de ne voter que pour cela. Ça peut être un vote « défouloir », dans des conditions et des échéances qui le permettent, comme aux européennes de 1999. Le maître mot, aujourd’hui, pour 2007, c’est faire preuve de bon sens.
Propos recueillis par Frédéric Desfeuillet et Fabien Hecquet
00:25 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : chasse, ruralité, somme, picardie, yves, butel, présidentielle
EUROPE Sandro Gozi, vu de la Commission

Député de l’Olivier en Italie en charge de la commission bichamérale sur l’immigration et Schengen, ancien conseiller des Présidents de la Commission européenne Romano Prodi et Josè Maria Barroso, Sandro Gozi passe en revue l’actualité de l’Union, avec en toile de fond le débat sur l’adhésion de la Turquie (www.sandrogozi.it).
Projections : En l’état actuel du droit européen, chaque pays membre peut fixer ses propres règles pour l’octroi de sa nationalité. Faut-il mettre en place une véritable politique concertée en matière de régularisation à l’échelon européen ?
S.G : L'immigration est parmi les sujets qui démontrent la nécessité et l'urgence de l'intégration européenne. On ne peut pas espérer maîtriser des phénomènes globaux qui dépassent par définition les frontières traditionnelles, tout en restant dans des cadres juridiques et politiques établis au 20e siècle. Nous avons besoin d'une politique à la hauteur des développements socio-économiques contemporains. Il faut donc commencer par une politique concertée, de façon à s’accorder sur des critères justes pour la régularisation des immigrés. Ce que je veux dire par cela, c’est qu’il nous faut une cohérence dans l'intégration si nous voulons renforcer les fondements de notre maison commune européenne.
« L’immigration est un sujet très politisé, nous ne pouvons pas le laisser aux démagogues »
L'immigration est un sujet très politisé, et cela nous confirme que c'est un domaine que nous ne pouvons pas laisser aux démagogues. Il faut l'aborder sans idéologie, avec fermeté - comme par exemple dans le cas de l'immigration illégale - mais aussi avec la conviction que l'immigration est une richesse et non une menace pour l'Europe. L'Italie est très active à ce propos, et nous sommes en première ligne avec d'autres pays européens de la Méditerranée pour progresser au niveau communautaire. Personnellement, je me réjouis de voire que le dernier Conseil européen a montré la volonté d'aller de l'avant et qu'on a finalement compris qu'il n'y aura pas de politique efficace en matière d'immigration sans une coopération étroite avec les pays d'origine et de transit et sans une implication dans des projets communs, interculturels, entre les sociétés civiles - européennes et africaines – directement concernées.
Peut-on imaginer, au-delà de la citoyenneté européenne, la création d’une nationalité européenne ?
L'Europe est un pari. C'est le pari de dépasser l'idée même de nationalité, en gardant le sens identitaire lié à la nation tout en évitant le risque lié au nationalisme. On ne peut pas inventer une nationalité européenne. Mais je ne doute pas qu'à terme, la génération de jeunes européens, la "génération Erasmus", se rendra compte qu’elle porte en elle une double identité : celle du pays et celle de l'Europe. Ce qui est important pour le leadership politique aujourd'hui, et pour la partie de ce leadership qui tient à cœur la construction européenne, c'est d'œuvrer pour approfondir de plus en plus le concept de citoyenneté européenne. Il faut que la citoyenneté européenne devienne de plus en plus porteuse de droits et devoirs, comme les citoyennetés nationales. Il faut créer de plus en plus de liens directs entre les européens, et que ces liens soient régis dans le cadre d'une communauté plus vaste qui dépasse les contextes nationaux. Il faut créer un réseau de droit qui trouve Bruxelles comme centre et l'Europe comme espace.
« On ne peut plus faire avancer l’Europe d’un seul pas sans le soutien des populations »
Concernant l’élargissement, que pensez-vous de l’initiative de la France qui a prévu qu’un référendum serait obligatoirement organisé avant toute ratification d’un traité d’adhésion ?
La question de l'élargissement est très délicate. Il faut en parler et en discuter. Comme pour l’intégration européenne tout court, les élites européennes ont compris qu'on ne peut plus faire avancer l'Europe d'un seul pas sans le soutien des populations. Cela représente certainement une avancée fondamentale pour la démocratie européenne et pour le projet d'une communauté politique supranationale. En même temps, cela rend tout progrès plus lent et plus difficile. Le référendum est un instrument essentiel. Je crois que la perspective d'un référendum français sur l'adhésion de la Turquie - parce que c'est bien de ceci qu'on parle - nous impose de réfléchir très sérieusement et très à l'avance au parcours à suivre. Il n'est pas concevable de négocier pendant dix, douze, ou quinze ans avec un pays, d'arriver à se mettre d'accord entre 27 Etats membre et les pays adhérents, pour avoir après tout bloqué, tout à jeter, tout à refaire, faute d'un seul référendum échoué. Notamment si ce référendum a échoué parce que ceux qui propagent les craintes ont été plus convaincant et plus actifs que ceux qui auraient dû propager l'espoir. Pour les élargissements à venir, ainsi que pour d'autres sujets cruciaux, - qu'il y ait un "enjeu référendum" ou pas - je ne vois pas vraiment de solution alternative à celle d'associer de façon constante les populations, les électeurs, les citoyens aux grands choix politiques et de civilisation de l'Europe. Il est plus probable, de cette façon-ci, qu'il n'y ait pas trop de divergence entre les décisions des gouvernements et des parlements et les valeurs des citoyens que ces derniers représentent.
Ce type de référendum est-il envisageable au niveau européen ?
Je suis tout à fait favorable à l'idée d'un référendum à l'échelle communautaire. Ça renforcerait énormément la qualité de la démocratie européenne.
Mais cela à une condition essentielle. Qu'il s'agisse d'un véritable référendum européen, et pas de "référendum nationaux organisés en même temps dans tous les pays de l'UE". C'est-à-dire, il faut prévoir des règles pour que le référendum tienne compte d'abord des citoyens en tant que membres de la communauté européenne. Les décisions sur le futur de l'Europe doivent être prises par les européens, et pas par les Français ou les Italiens. On n'aurait aucun sens d'organiser un referendum européen sur le modèle "intergouvernemental", et dire après qu'il a échoué parce que - mettons - deux cent mille maltais ont voté contre. Il faudrait donc prévoir des mécanismes et des seuils propres à une véritable démocratie paneuropéenne en construction. C’est de cette seule façon qu’on pourra en faire un instrument de démocratie pour le futur, un instrument pour la démocratie du futur, et pas un outil de plus pour bloquer l'intégration européenne.

« On ne peut pas dire non à la Turquie sur la base d’une idée (l’Europe politique) qui n’est pas la réalité »
Cette question pose en réalité celle de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, et plus largement des frontières de l’Europe. Si l’Union européenne doit être une union politique, doit-elle accepter l’adhésion de la Turquie ?
Les européens doivent faire un exercice d'honnêteté intellectuelle. Ils doivent se dire franchement ce qu'ils attendent de l'Europe. Certains, déjà aujourd'hui, ne sont pas du tout favorables à une véritable Europe politique. Il faut respecter ce choix, mais je crois qu'il faut aussi respecter ceux qui pensent pouvoir et devoir aller de l'avant. On ne peut pas dire "non" à la Turquie aujourd'hui sur la base d'une idée - l'Europe politique - qui n'est pas la réalité. Il faut plutôt travailler à l'Europe politique et en même temps dire à la Turquie que c’est là l'intention de l'Union, ou au moins d'une partie de l'Union, qui ambitionne à devenir le nouveau moteur de la relance européenne. Le véritable défi, c'est de comprendre comment faire avancer l'Europe politique dans l'Union telle qu'elle est déjà composée aujourd'hui. Nous ne savons pas ce qui se passera en Europe d'ici dix ans. L'Union pourrait être alors profondément différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. Il y aura plusieurs cercles, peut-être. Et j'espère qu'on sera plus proche de l'Europe politique. Dans ce cas, si la Turquie et les turcs seront prêts à nous rejoindre dans cette avant-garde politique, en acceptant l'esprit, les règles et la vision de ceux qui l'auront faite, ils seront les bienvenus. Sinon, on gardera des liens très solides sous d'autres formes, toujours très étroites.
Dans ce cas, quelle place la Turquie pourrait-elle occuper au sein de l’Union ? Son poids démographique ne déstabiliserait-il pas une Europe déjà en crise ? Quelles seraient donc les frontières de l’Union européenne dans ce cadre ?
Je vous réponds avec les mots d'un homme politique que j'estime beaucoup: Bronislaw Geremek : "chaque génération établit son propre horizon". Avec Romano Prodi, quand nous étions à la Commission européenne, nous avons lancé une nouvelle approche et une nouvelle stratégie : une perspective forte et crédible d'élargissement d'un coté, par exemple aux pays des Balkans occidentaux, et une politique de voisinage de l'autre, pour arriver à créer une solidarité commune et un espace de paix et prospérité aux frontières de l'Union. C'est avec ces objectifs en tête que nous avons essayé de révolutionner le concept même de frontière, pour le faire devenir non plus un lieu de confrontation mais un lieu de coopération. C'est à vous de décider si cette approche devra être confirmée. Ce sera à vous de décider si votre horizon sera le même que le nôtre aujourd'hui. La seule chose que je vous invite à ne pas oublier, c'est que chaque fois qu'on va établir des frontières, pas seulement dans les relations entre sujets politiques, nous disons ce que nous sommes et ce que nous voudrions être, nous parlons de nous-mêmes plus que des autres.
A ce sujet, pensez-vous comme le Président français qu’il faille faire une pause dans l’élargissement de l’Union européenne, afin de privilégier l’approfondissement ? C'est-à-dire, faut-il aller vers plus d’intégration avant toute nouvelle adhésion ?
L'approfondissement de l'Union est inévitable. C'est la priorité numéro une que nous devons garder à l'esprit, avec la croissance de notre économie européenne. Il faudra trouver des solutions efficaces et dans les meilleurs délais, sinon nous allons vers une paralysie progressive, sans même considérer l’impact des élargissements à venir. « Plus d'approfondissement », aujourd'hui, cela signifie pour moi trouver un mécanisme pour surmonter l'impasse actuelle mais aussi - et je dirais surtout - pour rendre plus facile et praticable les approfondissements futurs. Le risque, c’est que tout élargissement futur aura un impact direct non seulement sur l'approfondissement, mais sur la capacité de l'approfondissement elle-même.
Propos recueillis par Sébastien Colombel
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L’Olivier (en italien, l’Ulivo) est une fédération de partis politiques de gauche et centre-gauche, créée officiellement le 26 février 2005 mais qui a préexisté en tant qu’alliance électorale portant le même nom. Son symbole est le rameau d’olivier et son slogan Uniti nell’Ulivo - per l’Europa (unis dans l’Olivier - pour l’Europe), symbole adopté lors des élections du Parlement européen en juin 2004. Son président est Romano Prodi, ancien Président de la Commission européenne et actuel Président du Conseil italien.
L’Olivier est composé de quatre partis politiques, Democratici di Sinistra et Socialisti Democratici Italiani (sociaux-démocrates), La Margherita (démocrates-chrétiens, dont fait partie Sandro Gozi), et le Movimento Repubblicani europei (centre-gauche). Les quatre partis fondateurs, qui subsistent, ont décidé d’abandonner leur pouvoir de décision partisane en matière de politique étrangère, d’institutions et d’Europe — qui seront du seul domaine de la fédération nouvellement constituée.
sur le net : www.ulivo.it00:20 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sandro, gozi, italie, europe, commission, européenne, turquie
INTERVIEW Sylvie Goulard, Présidente du Mouvement européen
Diplômée de l’ENA et de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, Sylvie Goulard est chercheur associé au CERI (Centre d’Etudes et de Recherches Internationales). Elle enseigne au collège d'Europe à Bruges. De mai 2001 à l'été 2004, elle a été membre du Groupe des conseillers politiques du Président de la Commission Européenne , Romano Prodi. Cette spécialiste reconnue de l’Europe et des relations franco-allemandes est depuis le 9 décembre la nouvelle présidente du Mouvement Européen.
Projections : Les raisons avancées pour expliquer le Non à la constitution sont multiples et variées. Si on devait n’en retenir qu’une, ce serait laquelle ?
S.G : Je crois justement qu’on ne peut réduire le Non à une seule raison. Elles sont multiples, et d’ailleurs plutôt liées à des problématiques intérieures : d’après des sondages réalisés à la sortie des urnes (TNS Sofres), les votants du non ont été motivés à 46 % par la peur que le traité accroisse le chômage, motivation bien plus forte que des considérations européennes (peur pour l’identité 19 %, refus de l’adhésion de la Turquie 18% par exemple). Les raisons du Non aux Pays-Bas sont liées à une perception de renchérissement du coût de la vie, une situation de politique intérieure particulière avec l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh, et aussi le sentiment grandissant que les petits pays se trouvaient malmenés par les grands.
« Il y a eu dans le non au TCE ce que j’appelle l’ivresse du bras d’honneur à nos dirigeants »
N’était-ce pas non plus une volonté de sanctionner un processus perçu comme distant et peu transparent ?
Effectivement, il y eu dans ce Non ce que j’appelle “l’ivresse du bras d’honneur” fait à nos dirigeants. Mais il faut aussi regarder ce qui est constructif dans ce vote. 1 - Il n’y a pas d’opposition à la construction européenne en tant que telle (seulement 5 à 6% de l’opinion est réellement anti-européenne), mais l’expression d’une volonté de faire une Europe différente. 2 - C’était la première fois qu’autant de personnes s’emparaient du sujet européen ; le Non a aussi été la traduction d’un fossé qui s’est progressivement creusé entre les acteurs de la construction européenne et la population. Non sans que celle-ci ne soit, à certains égards, en avance sur ceux qui la dirigent. Pouvez-vous nous préciser votre position concernant l’adhésion de la Turquie ?
Le problème de l’intégration de la Turquie à l’Union Européenne, c’est que ses partisans sont incapables d’indiquer comment ils feront fonctionner l’UE ainsi élargie. Or pour moi ces deux éléments sont indissociables. Il est évident que la Turquie a fait des progrès, mais la problématique c’est l’Union européenne et surtout son fonctionnement : institutions, politiques communes, budget.
Selon vous, quelles devraient être les frontières de l’Europe ?
Il est impossible de dire doctement : l’Europe s’arrête ici, plutôt que là. C’est une décision politique, au sens le plus noble du terme. La question de la Turquie devra être tranchée au terme d’un débat, duquel ni les aspects historiques ou géographiques ne peuvent être absents. Mais rassurons un peu les personnes qui, à juste titre, sont attachées à la disparition des barrières. L’idée n’est pas de construire des miradors et de mettre des chiens pour garder les frontières extérieures de l’UE. Ceci posé, c’est un sujet de confiance, entre les citoyens européens et leurs représentants. La géographie est à certains égards incontournable ; à Istanbul on se sent encore en Europe mais une Europe intégrant la Turquie aurait une frontière avec l’Iran, l’Irak et la Syrie. Et pour paraphraser l’historien Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël à Paris : une Europe sans frontière, ‘on n’a pas envie de coucher avec !’.
Les conceptions des limites de l’Europe sont multiples. Pour Tocqueville, elle a pris corps quand des cités se sont émancipées de la féodalité, et s’étend donc de l’Irlande à la Pologne , pour l’historien Jacques Le Goff aussi, elle est « née au Moyen Age ». Je retiens pour ma part les leçons des Lumières : L’Europe, ce n’est pas l’Evangile sans Voltaire, c’est l’Evangile et Voltaire. Le combat contre les fanatismes religieux est constitutif de l’identité européenne.
Qui doit trancher sur le sujet de l’élargissement ?
Les traités d’adhésion exigent l’avis conforme du Parlement européen et des ratifications dans tous les Etats membres. Sur de tels sujets, le référendum est à manier avec précaution : en rendant un référendum national obligatoire sur l’adhésion de la Turquie , le Président de la République fait courir à l’Europe un vrai risque. Un problème européen doit être traité au niveau européen. Avec si possible une synchronisation des consultations dans les Etats membres.
« A l’heure actuelle, dans beaucoup de zones du monde, on assiste à une régression nationaliste »
A l’heure où les nations ont tendance à se regrouper au sein d’ensembles politiques intégrés, peut-on imaginer d’autres ensembles régionaux se constituer ?
Je ne partage pas votre optimisme. Notre temps est au contraire celui d’un fort repli nationaliste. Il a fallu les drames de deux guerres mondiales pour que des pays comme la France et l’Allemagne décident de sortir de leur nationalisme étroit. Ce que Stefan Zweig appellait une ‘Sternstunde’ de l’humanité, un moment étoilé, une conjonction d’astres exceptionnelle. C’est ainsi que sont nés l’ONU et les institutions spécialisées ainsi que les institutions finacières (banque mondiale, FMI). A l’heure actuelle, dans beaucoup de zones du monde on assiste à une régression nationaliste. On voit certes émerger des coopérations intergouvernementales, comme le Mercosur, des aires d’échange, mais pas d’ensemble politique constitué comme l’UE. L’échec des Américains au Moyen Orient est édifiant, ils n’ont pas réussi à imposer l’Etat de droit dans cette région. La réconciliation, la paix ne se décrètent pas.
« Le statu quo en Europe serait un désastre car les institutions de Nice ne permettent pas de travailler à 27 »
Revenons à l’Europe et à son avenir : Comment redémarre-t-on après le Non au traité ?
1- En expliquant aux Français que le statu quo serait un désastre car les institutions de Nice ne permettent pas de travailler correctement à 27 ; en relayant des idées intéressantes (comme celles de Jo Leinen sur le coût de la « non Europe » par exemple) ; nombre de gens ayant voté Non voient bien qu’il n’y a pas de plan B ; l’invitation d’étrangers, originaires de pays ayant ratifié le traité, devrait être privilégiée, pour éclairer les Français (18 pays ont ratifié, 2 ont dit non). 2- En expliquant hors de France qu’il serait tout aussi peu avisé d’ignorer le « non » des Français et des Néerlandais.
3- En défendant objectivement le contenu du texte sans le sacraliser (pour ne pas hérisser les votants du non), ni céder sur les progrès objectifs qu’il contient ( la Charte des Droits fondamentaux, la simplification, la fin de la présidence tournante, la possibilité d’aller plus loin à quelques uns, le Président du Conseil, le ministre des affaires européennes etc…) Ce texte représentait un réel progrès ; le fait qu’une majorité hétéroclite l’ait rejeté, pour des raisons souvent étrangères au texte, ne réduit pas ses mérites. Il faut le répéter posément, inlassablement.
Propos recueillis par Jean-Christophe Loric
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Qu’est que le Mouvement Européen ? Le Mouvement européen est une association militante de la cause européenne ; ce sont des Européens, dans tous les Etats membres, qui croient que la constitution d’une Europe politique, intégrée est nécessaire. Et qui retroussent leurs manches pour y parvenir.
Quelles sont les priorités d’action de la nouvelle présidente ? Mes priorités (à débattre avec ma future équipe naturellement et pendant le tour de France des sections que je compte accomplir) est de toucher de nouveaux publics. L’Europe appartient à tous, ce n’est pas la propriété des élites contre le peuple, ni du peuple contre les élites. Tous les milieux sont terre de mission : les jeunes, les régions, les zones rurales, les banlieues, les entreprises et même… à en juger par les ratés de ces dernières années, certains cercles politiques et de la haute fonction publique. Il faut remettre la France entière à l’Europe, en acceptant beaucoup plus de débats, sans céder sur l’essentiel.
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TRIBUNE La vocation de la Turquie

Crise grave au Liban, et l’Europe toujours aussi inexistante sur la scène diplomatique internationale. Outre des institutions plus performantes, ce qu’il aurait fallu à l’Union européenne, c’est un ancrage plus fort dans la région. Mais l’Europe, ces derniers temps, semble plutôt lui tourner le dos… Et si la Turquie avait vocation à entrer dans l’UE ? Notre famille politique a plutôt l’habitude d’étayer des arguments contre. Sont-ils tous valables ?
L’argument historique
La Turquie se serait séparée de l’Europe, avec l’islamisation d’une part, qui l’aurait totalement ancré en Orient, et avec le belliqueux Empire Ottoman, d’autre part, qui n’a eu de cesse, jusqu’au début du 20e siècle, d’attaquer l’Europe par l’est. Ces épisodes ne doivent inspirer aucune nostalgie ; l’histoire, on ne le répétera jamais assez, ne doit pas handicaper la construction du futur. Le passé nazi de l’Allemagne n’empêche pas la construction européenne. Alors le passé ottoman de la Turquie …
L’argument géographique
Seul 3% du territoire turc se trouverait en Europe, le reste se trouvant en Asie. Sur ce petit trentième, tout de même, se trouve Istanbul. La géographie est-elle un argument ? La politique ne dépasse t-elle pas ces contraintes physiques ? Sans quoi il est difficile d’expliquer pourquoi certaines îles antillaises constituent des départements français…
L’argument religieux
Gros défaut de la Turquie , elle n’est pas chrétienne… Si l’on reconnaît un héritage religieux à l’Union européenne, et que personne ne doute qu’il s’agit d’un héritage chrétien, ou judéo-chrétien, cette question ne fait de toute façon pas l’objet d’un critère d’adhésion. Et puis la France n’est pas chrétienne… Elle est laïque, comme la Turquie … Et le risque de l’intégrisme ? Refuser la Turquie est le meilleur moyen de l’attiser…
L’argument démographique
La Turquie , qui n’a pas encore achevé sa transition démographique, devrait stabiliser sa population dans un demi-siècle, aux alentours de 98 millions d’habitants, ce qui en ferait l’Etat le plus peuplé de toute l’Union européenne. Ce qui d’après certains pose un problème institutionnel, puisque la Turquie serait alors le pays le plus représenté au Parlement européen. On ignorait que les groupes politiques du Parlement européen se composaient par nationalité. On imagine aisément que parmi les futurs eurodéputés turcs, nous retrouverons des sensibilités bien différentes, qui les répartiront entre le groupe socialiste, centriste ou autre du Parlement européen. Espérons qu’un jour l’Europe soit pensée comme un tout, et non comme une somme d’états défendant chacun leurs intérêts propres…
Les arguments politiques
Les arguments politiques sont les plus sérieux des opposants à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Car, pour une fois, ils sont recevables. Les droits de l’Homme, au passage celui des femmes, la question kurde, la proximité de l’armée et du pouvoir… Ces questions – touchant aux valeurs mêmes de l’Union européenne - posent évidement de sérieux problèmes. Sans oublier la reconnaissance du génocide arménien, qu’il faut conserver comme condition sine qua non de l’adhésion. Et la reconnaissance de l’Etat de Chypre. Impossible, en effet, qu’un membre de l’Union européenne ne reconnaisse pas l’existence même d’un autre de ses membres. Au passage, notons que l’Union européenne n’aurait jamais dû accepter l’adhésion de Chypre suite au refus des chypriotes grecs de réunifier l’île… Mais ces questions, si elles empêchent bien évidement une adhésion immédiate de la Turquie à l’Union européenne (sans parler des critères de convergence économique…), n’enterrent pas la vocation de la Turquie à entrer dans l’Union européenne. La nuance n’est pas mince. Les pré-négociations d’entrée de la Turquie sont légitimes, nécessaires et vont dans le bon sens. La situation au Proche-Orient nous presse chaque jour un peu plus. Ce sur quoi il faut se fixer et agir, c’est sur les avancées politiques et démocratiques de l’Etat turc. Le monde le réclame.
Fabien Hecquet avec Fabrice Hinschberger
00:10 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie, adhésion, union, européenne
26.08.2006
A quand le numéro 6 ?
Le prochain numéro de Projections, le magazine des Jeunes UDF de la Somme, devrait sortir d'ici fin novembre 2006 ! L'occasion d'inaugurer pour de bon ce nouveau blog. En exclusivité, je vous livre quelques un des thèmes qui y sont abordés...
Vous y découvrirez que la Turquie a vocation à rentrer dans l'Union européenne, que les chasseurs de la Somme ne sont pas si bouchés que ça, et que la biomasse pourrait bien être l'agriculture picarde de demain...
En attendant, vous pouvez vous replonger dans les anciens numéros, décris et mis en téléchargement ci-contre.
L'équipe de Projections
15:40 Publié dans Projections 6 > L'agriculture de demain | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, chasse, ruralité, turquie
25.08.2006
Commentez les premiers Projections
Quand nous avons commencé, nous n'étions pas aussi performants sur le net... Résultat : les articles des 5 premiers Projections ne sont pas en ligne.
Si vous souhaitez réagir sur l'un d'entre eux, n'hésitez pas, lâchez-vous dans les commentaires de cette note, on vous répondra !
L'équipe des jeunes UDF de la Somme
03:45 Publié dans Les numéros précédents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




